49e ÉDITION – 17 > 20 MARS 2022
 
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49e ÉDITION – 17 > 20 MARS 2022
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Sous la plume d’Aude Picault

De Moi je à Amalia, Aude Picault affirme un peu plus son style à chaque nouvel album, entre récit de l’intime et dessin épuré. Cette exposition retrace un parcours discret, caractérisé par la finesse du trait, mais aussi celle de l’esprit. 

Après Transat (Delcourt, 2009) Fanfare (Delcourt, 2011) et Idéal standard (Dargaud, 2017), Aude Picault publie au mois de janvier 2022 aux éditions Dargaud son quatrième récit au long cours, Amalia. L'occasion pour le Festival d'Angoulême de mettre en avant l'œuvre de celle qui excelle à raconter le quotidien au féminin. Après des études aux Arts-Déco à Paris, Aude Picault, qui n'avait jamais rêvé de devenir autrice de bande dessinée, fait ses premiers pas professionnels en tant que graphiste dans une agence de communication. Ayant le sentiment d'avancer sans but, et ne supportant pas franchement le système hiérarchique, la jeune femme décide de changer de métier et fait le choix de raconter des histoires. Elle s'oriente naturellement vers la bande dessinée, un médium qu'elle considère comme un terrain d'expression génial. 

En 2004, Aude Picault publie Moi je (Vraoum), des carnets dans lesquels elle note, avec l'humour qui la caractérise déjà, ses moments de perplexité face au quotidien. Cette première œuvre vient d'être rééditée chez Dargaud. Elle continue sur sa lancée avec des ouvrages parfois plus durs, comme Papa, publié à L'Association (2006), où elle évoque le suicide de son père. Audacieuse, l'autrice s'essaye à l'érotisme, inaugurant la collection BD Cul des Requins Marteaux avec Comtesse en 2010 ; puis récidivant avec Déesse, en 2019. De plus en plus, elle préfère à l'autobiographie la fiction.

Pensée comme un écrin, l'exposition consacrée à Aude Picault suit son évolution en tant qu'autrice, évoquant sa quête de sens et d'authenticité, en portant une attention toute particulière à ses obsessions et aux mécanismes créatifs qu'elle met en œuvre. Cherchant à créer une relation d'intimité entre l'univers délicat de la dessinatrice et les visiteurs, l'exposition montre comment Aude Picault a fait évoluer son art de la bande dessinée, passant de carnets intimes, qui n'avaient pas vocation à être publiés, à des récits structurés, qu'elle décidera de révéler au public. Ce faisant, l'autrice a peu à peu affirmé son style, qui tend vers l'épure, à travers une maîtrise toujours plus grande de la plume, des pleins et des déliés.