BILLETTERIE

Taiyō Matsumoto, dessiner l'enfance

Auteur de mangas depuis trente ans, Taiyo Matsumoto se voit consacrer pour la première fois en France une rétrospective exceptionnelle, avec près de 200 œuvres originales présentées à Angoulême.

Dans le monde du manga, le style de Matsumoto est unique et immédiatement reconnaissable. L’essence fragile et pourtant nerveuse de ses courbes, la vitalité frénétique et l’immobilisme magique de ses pages se renouvellent à chacune de ses œuvres, même si le trait change beaucoup d’une série à l’autre. Les influences de cet auteur né en 1967 sont nombreuses, et toutes se fondent avec cohérence : l’esthétique du défunt Métal Hurlant avec les déformations optiques de la photographie ; la création vestimentaire avec le design publicitaire ; la typographie avec la calligraphie traditionnelle ; et bien évidemment les codes du manga avec ceux de la franco-belge, dont Matsumoto dit qu’elle a « révolutionné sa conception du medium » lorsqu'il l’a découverte il y a trente ans, lors d'un premier voyage en Europe pour suivre le Paris-Dakar. Porté autant par le lyrisme de la peinture symboliste ou surréaliste que par la violence urbaine la plus crue, Taiyo Matsumoto utilise le manga comme un formidable laboratoire, où il met à l’essai ses envies de dessin.

Ce qui étonne, le long de cette carrière au dessin en perpétuel mouvement, c'est la constance, l'omniprésence même, d'un motif autour de laquelle tourne l'écriture, de manière obsessionnelle : le monde de l’enfance bafouée. D'Amer Béton(Delcourt) à Sunny (Kana), ce sont toujours des enfants abandonnés, livrés à eux mêmes, qui sont les héros de ces aventures tantôt réaliste, tantôt fantasmagoriques, mais toujours ourlées d’une violence sourde. Dans Sunny, son avant-dernière œuvre, il confessait l’origine de cette obsession dans un récit semi-autobiographique et doux-amer qui revenait sur sa jeunesse dans un orphelinat. Ce qui explique, évidemment, pourquoi le monde chez Taiyo Matsumoto se livre toujours comme un environnement où seules l’innocence et cette amitié fusionnelle inhérente à l’enfance permettent de négocier avec l’absurdité et l’individualisme de la société des adultes.

Dans le monde du manga, le style de Matsumoto est unique et immédiatement reconnaissable. L’essence fragile et pourtant nerveuse de ses courbes, la vitalité frénétique et l’immobilisme magique de ses pages se renouvellent à chacune de ses œuvres, même si le trait change beaucoup d’une série à l’autre. Les influences de cet auteur né en 1967 sont nombreuses, et toutes se fondent avec cohérence : l’esthétique du défunt Métal Hurlant avec les déformations optiques de la photographie ; la création vestimentaire avec le design publicitaire ; la typographie avec la calligraphie traditionnelle ; et bien évidemment les codes du manga avec ceux de la franco-belge, dont Matsumoto dit qu’elle a « révolutionné sa conception du medium » lorsqu'il l’a découverte il y a trente ans, lors d'un premier voyage en Europe pour suivre le Paris-Dakar. Porté autant par le lyrisme de la peinture symboliste ou surréaliste que par la violence urbaine la plus crue, Taiyo Matsumoto utilise le manga comme un formidable laboratoire, où il met à l’essai ses envies de dessin.

Ce qui étonne, le long de cette carrière au dessin en perpétuel mouvement, c'est la constance, l'omniprésence même, d'un motif autour de laquelle tourne l'écriture, de manière obsessionnelle : le monde de l’enfance bafouée. D'Amer Béton(Delcourt) à Sunny (Kana), ce sont toujours des enfants abandonnés, livrés à eux mêmes, qui sont les héros de ces aventures tantôt réaliste, tantôt fantasmagoriques, mais toujours ourlées d’une violence sourde. Dans Sunny, son avant-dernière œuvre, il confessait l’origine de cette obsession dans un récit semi-autobiographique et doux-amer qui revenait sur sa jeunesse dans un orphelinat. Ce qui explique, évidemment, pourquoi le monde chez Taiyo Matsumoto se livre toujours comme un environnement où seules l’innocence et cette amitié fusionnelle inhérente à l’enfance permettent de négocier avec l’absurdité et l’individualisme de la société des adultes.