BILLETTERIE
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Yoshiharu Tsuge, le père du watakushi manga

Cette toute première exposition consacrée à Yoshiharu Tsuge, s'appuyant sur un grand nombre d'originaux, proposera une exploration de la poétique, mais aussi des thèmes et du rôle historique de cette figure majeure de la bande dessinée mondiale.

L’Histoire du manga compte de nombreux monstres sacrés. Mais deux, en particulier, se détachent. Le premier est Osamu Tezuka, fondateur de la forme moderne et instigateur, par son enthousiasme, du développement de toute une industrie du divertissement. Le second est Yoshiharu Tsuge, dont l’approche profondément personnelle, sonnant l’avènement du récit onirique et autobiographique, a fait basculer le genre du côté de l’expérience poétique. Par ce geste, il allait marquer l’Histoire du médium et influencer toutes les générations d'auteurs à venir.

Si cette révolution formelle s’est déroulée par étapes, c'est en 1968 qu’elle est définitivement distinguée, avec la parution de l'emblématique "Nejishiki" (La Vis). Le long de 24 pages aux accents oniriques et psychanalytiques, Tsuge révèle une nouvelle facette du manga, convoquant les symboles, l’intimité et le rêve. Durant la décennie suivante, il ne cesse de développer cette approche, constituant un corpus d’une extrême cohérence. Alternant phases de dépression et de productivité délirante, son œuvre s'interrompt une première fois en 1981. Il revient une dernière fois au manga entre 1984 et 1987, publiant les récits qui forment "L'homme sans talent" - ultime recueil au titre hautement symbolique. Il ne conclura jamais, son élan étant interrompu par l’écriture d’une nouvelle indépendante, Bekkai (Séparation), dans laquelle il confesse sa tentative de suicide.

Tsuge a toujours transformé son passé en fiction et semblait par ce geste essayer de se guérir, ou du moins de se délivrer du poids de sa mémoire. Il faut croire qu’interrompre brutalement l’écriture sur ce récit renvoyait au caractère traumatique et fondateur du souvenir. L'auteur ne dessinera plus jamais, laissant une œuvre inachevée - mais une quête personnelle, elle, peut-être enfin complète.

L’Histoire du manga compte de nombreux monstres sacrés. Mais deux, en particulier, se détachent. Le premier est Osamu Tezuka, fondateur de la forme moderne et instigateur, par son enthousiasme, du développement de toute une industrie du divertissement. Le second est Yoshiharu Tsuge, dont l’approche profondément personnelle, sonnant l’avènement du récit onirique et autobiographique, a fait basculer le genre du côté de l’expérience poétique. Par ce geste, il allait marquer l’Histoire du médium et influencer toutes les générations d'auteurs à venir.

Si cette révolution formelle s’est déroulée par étapes, c'est en 1968 qu’elle est définitivement distinguée, avec la parution de l'emblématique "Nejishiki" (La Vis). Le long de 24 pages aux accents oniriques et psychanalytiques, Tsuge révèle une nouvelle facette du manga, convoquant les symboles, l’intimité et le rêve. Durant la décennie suivante, il ne cesse de développer cette approche, constituant un corpus d’une extrême cohérence. Alternant phases de dépression et de productivité délirante, son œuvre s'interrompt une première fois en 1981. Il revient une dernière fois au manga entre 1984 et 1987, publiant les récits qui forment "L'homme sans talent" - ultime recueil au titre hautement symbolique. Il ne conclura jamais, son élan étant interrompu par l’écriture d’une nouvelle indépendante, Bekkai (Séparation), dans laquelle il confesse sa tentative de suicide.

Tsuge a toujours transformé son passé en fiction et semblait par ce geste essayer de se guérir, ou du moins de se délivrer du poids de sa mémoire. Il faut croire qu’interrompre brutalement l’écriture sur ce récit renvoyait au caractère traumatique et fondateur du souvenir. L'auteur ne dessinera plus jamais, laissant une œuvre inachevée - mais une quête personnelle, elle, peut-être enfin complète.