47e ÉDITION – 30 JANVIER > 2 FÉVRIER 2020
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47e ÉDITION – 30 JANVIER > 2 FÉVRIER 2020
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Les Mondes de Wallace Wood

Pionnier de la bande dessinée de genre américaine, Wallace Wood (1927-1981) fut un auteur virtuose et visionnaire. Il marqua profondément la science-fiction, la fantasy, l’humour et la bande dessinée érotique tout au long d’une carrière riche et inclassable, à laquelle le Festival consacre une rare rétrospective.

Wallace Wood n’est pas un inconnu du Festival d’Angoulême. En 1977, il y reçoit le prestigieux prix du dessinateur étranger pour l’ensemble d’une carrière bien fournie. Le jury a choisi de distinguer cet auteur reconnu dont l’influence sur les bandes dessinées d’humour, de fantasy et de SF est incontournable. Personnages, scénarios, dessin : tout chez lui est parfaitement abouti. Soignant particulièrement les reflets, les doubles expositions, les ombres et les textures, il sublime l’encrage à un niveau de maîtrise rarement égalé.

Né à Menahga, dans le Minnesota, en 1927, Wallace Wood rejoint la marine marchande américaine pendant la Seconde Guerre mondiale, en 1944. Il a juste 17 ans. L’un de ses premiers travaux dans la bande dessinée consiste à assister Will Eisner sur Le Spirit, en s’occupant notamment du lettrage. Rapidement, il travaille pour la mythique maison d’édition EC Comics où il réalise des couvertures de récits de SF, des histoires de guerre ou des récits d’horreur. Il contribue aussi au magazine MAD, aux côtés d’Harvey Kurtzman. Véritable précurseur, il lance l’un des premiers 14 magazines de comics underground, Witzend, en 1966.

Dans les années 1960-1970, Wallace Wood travaille pour de nombreux éditeurs, dont DC, Warren – pour qui il illustre des histoires courtes de science-fiction et de fantasy – et Marvel – il y crée l’iconique costume rouge de Daredevil. En parallèle, il explore d’autres médias, de l’illustration de romans aux petites cartes à collectionner pour la marque de chewing-gums Topps – ses dessins préliminaires pour les cartes Mars Attacks (1962) trouveront une seconde vie en 1996 avec le film de Tim Burton. Passant du drame à la science-fiction et de l’humour aux superhéros avec une dextérité inouïe, Wood est aussi l’auteur de nombreuses œuvres personnelles. Il cocrée la ligne de superhéros T.H.U.N.D.E.R. Agents, élégante et sophistiquée (1965), dessine deux séries dominicales pour la revue Overseas Weekly, le super-espion Cannon et la blonde sexy Sally Forth. Il est l’auteur d’un des premiers romans graphiques d’heroic fantasy, The Wizard King (1978) et est également l’un des pionniers de la bande dessinée érotique. Souffrant de complications rénales et subissant d’incessantes séances de dialyse, il se suicide en 1981.

Cette exposition, riche de nombreuses planches et objets, reviendra sur toutes les facettes de son œuvre, des débuts chez EC au travail chez les grands éditeurs, de ses travaux pour MAD à ses œuvres personnelles, en passant par ses incursions à la marge de la bande dessinée (vignettes, illustrations, publicités...).