50e ÉDITION – 26 > 29 JANVIER 2023
Journée pro : 25 janvier
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50e ÉDITION – 26 > 29 JANVIER 2023
Journée pro : 25 janvier
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Elle résiste, elles résistent

Le Prix René Goscinny – Prix du meilleur scénario 2022 est revenu à Jean-David Morvan et Madeleine Riffaud pour Madeleine, Résistante : la rose dégoupillée, premier tome d’une série dessinée par Dominique Bertail. L’exposition qui s’inscrit dans le cadre de ce prix revient sur la genèse de l’album, et présente le parcours et les engagements de Madeleine Riffaud et d’autres figures de résistantes.

En 2017, le scénariste Jean-David Morvan décide de contacter Madeleine Riffaud pour lui proposer de raconter sa vie en bande dessinée. Il avait vu cette nonagénaire alerte se confier au micro de Pierre Hurel (Résistantes, 2015). Il l’avait entendue raconter comment le « coup de pied au cul » d’un soldat allemand croisé sur le chemin de l’exode en 1940, qui avait humilié la jeune fille qu’elle était alors, allait « décider de toute [sa] vie » : elle serait résistante.

Madeleine Riffaud finit par rejoindre Paris où elle s’engage dans le réseau du Front national des étudiants et accède à de hautes responsabilités. À 19 ans, elle tue sur ordre un officier allemand, est arrêtée puis torturée par la Gestapo. Libérée, elle mène à bien plusieurs missions, parmi lesquelles l’attaque d’un train ennemi qui fait 80 prisonniers, jusqu’à la Libération. Grâce à Paul Éluard, elle publie un recueil de poésie, Le Poing fermé, au sortir de la guerre, puis rencontre Louis Aragon qui l’engage au journal Le Soir. Elle devient alors l’une des plus grandes correspondantes de guerre françaises, couvrant les conflits en Algérie, au Congo, au Vietnam, et s’engageant auprès des peuples opprimés. En France, elle s’infiltre dans les hôpitaux parisiens et en dénonce les carences dans Les Linges de la nuit, qui paraît en 1974.

Ce n’est qu’à la célébration des 50 ans de la Libération, en 1994, que Madeleine Riffaud rend public son engagement dans la Résistance, répondant à la volonté de Raymond Aubrac de témoigner de ce que fut leur engagement clandestin. L’album récompensé par le prix Goscinny, premier tome d’une trilogie publiée dans la collection Aire Libre de Dupuis, destinée à relater le parcours de cette mémoire vivante et éminente, s’inscrit dans cette continuité.

L’exposition dévoile le processus de création unique qui unit Madeleine Riffaud, Jean-David Morvan et le dessinateur Dominique Bertail, dans lequel tout passe nécessairement par la voix, Madeleine ayant perdu l’usage de ses yeux. Elle évoque aussi les moments de flottement, les éventuels malentendus et les rires qu’une telle méthode de travail engendre. Enfin, elle met à l’honneur d’autres figures de résistantes d’hier et d’aujourd’hui, sœurs d’armes de Madeleine Riffaud.

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