Toute la trajectoire des Tuniques Bleues - et de leur formidable succès populaire depuis quatre décennies - repose sur un apparent paradoxe : divertir et faire rire les jeunes lecteurs (ainsi que leurs parents) avec... des histoires de guerre !
En réalité, dans la série de Raoul Cauvin et Willy Lambil, la guerre (en l'occurrence la guerre de Sécession américaine, 1861 - 1865) ne constitue pas tant le sujet que le décor, le contexte des aventures qu'ils racontent. Les deux auteurs tirent avant tout parti des oppositions de personnalités entre leurs deux personnages principaux, le sergent Cornélius Chesterfield et son inséparable comparse le caporal Blutch, avec un art consommé du comique de situation. Plus de cinquante albums en à peine quarante ans de collaboration !
Sans être un brûlot contestataire, la série distille au passage une réflexion pertinente et parfois caustique sur la vanité de toutes les guerres. L'un de ses deux héros, Blutch, demeure même un farouche pacifiste, prônant la désertion à tout bout de champ, préférant faire le mort plutôt que combattre et tuer.
C'est en 1968 que débute la série Les Tuniques Bleues, dans les pages de l'hebdomadaire Spirou. Scénarisée par Raoul Cauvin pour un dessinateur passionné de l'Ouest américain et du monde indien, Louis Salvérius (qui signe Salvé), la série change de cap en 1972 quand ce dernier décède. C'est Willy Lambil qui en prend la suite, lui conférant davantage d'énergie et de réalisme sans rien lui ôter de son humour.
Adossée à des péripéties cocasses et à une solide galerie de personnages (Chesterfield, brave et bonne pâte mais plutôt borné, Blutch débrouillard et futé, plus une ribambelle de seconds rôles efficaces, le capitaine Stark, archétype du galonné traumatisé, dont l'un des rares mots est « Chargeeeez ! », Amélie Appeltown la fille du colonel de Fort Bow, etc.), la série décolle. Le succès deviendra vite considérable et, surtout, durable : Lambil et Cauvin viennent de signer en octobre 2009, chez leur éditeur de toujours Dupuis, le 53e épisode de la série, Sang bleu chez les Bleus (compte non tenu de deux albums documentaires consacrés à la série, numérotés 37 bis et 47 bis...). Ajoutons que les aventures des Tuniques Bleues ont été traduites dans de nombreuses langues, ont fait l'objet d'une adaptation en jeu vidéo et que leur influence traverse les générations : le président du jury de ce 37e Festival, un certain Blutch, n'a-t-il pas lui-même choisi son pseudonyme d'artiste parce que, enfant, il a beaucoup lu la série de Cauvin et Lambil.

Le Festival international de la bande dessinée entreprend donc cette année de rendre un hommage appuyé à cet attachant western humoristique et atypique (parfois récit d'enquête, parfois intrigue maritime) sur fond de guerre de Sécession. Une initiative qui bénéficie du concours de l'Unicef, en liaison avec les missions de cet organisme international : défense et protection de l'enfance partout sur la planète, quels que soient le contexte, les difficultés ou les obstacles locaux.
L'ensemble du parcours de l'exposition invite à suivre l'histoire et les spécificités de la série de façon thématique : la naissance et le développement des Tuniques Bleues au fil des années, les auteurs, les personnages, les décors et les environnements traversés (tout au long de la guerre, Chesterfield et Blutch se déplacent dans de nombreux endroits des États-Unis, et se rendront même au Canada, au Mexique et en Europe), le contexte historique de la guerre de Sécession américaine, les techniques utilisées par Lambil et Cauvin, etc.
Une partie de l'exposition est plus spécialement consacrée aux valeurs développées par la série. L'occasion d'explorer, à travers certains épisodes des Tuniques Bleues, des thèmes comme l'enfant dans la guerre, le racisme, l'amitié ou la complicité avec le monde animal. Au total, un traitement chaleureux, didactique, familial, bien dans l'esprit de ce « classique » de la bande dessinée grand public.
Place de l'Hôtel de Ville
Production : 9e Art +
Partenaires : UNICEF, Dupuis
Commissariat : Christian Marmonnier
Coordination : Céline Bagot et Ezilda Tribot
Conception graphique : Agathe Riedinger

actualité
La SNCF aime la lecture
Prix de l'Audace
Prix du Public FNAC-SNCF
Prix Regards sur le monde
Speed Painting Masters
Encore des récompenses
Les expos partout en France
Rencontres AUteurs BPI
Actu BD
La Boutique du Festival
L'Appli Sélection Officielle
Bludzee, le pote du Fauve
Les Rencontres
Programme Jeunes Talents 2010
Le Bon, le Blog et le Truand
Manga Building
Les Rencontres Jeunesse
Les Coulisses du Festival
Le Festival en images
Spectacles
Dédicaces numériques
Expositions
Qui était là ?
Remise des Prix
Les Exclusivités 2010
Espace FNAC SNCF
Fauve Jeunesse
Lauréate Révélation Blog
Késaco la révélation blog
Nominés Jeunes Talents 2010
Les news ...
Premier album
Blutch
Dédicaces
Grand Prix 2010
Interviews d'auteurs
Décès de Philippe Bertrand
Julie Bellegarde lit Jacques Tardi
Blutch et les Tuniques Bleues
Adèle Blanc-Sec, le film
Le Cinémonstre de Bilal
Mathieu Amalric lit Lauzier
Michael Lonsdale lit Riad Sattouf




