D’ordinaire assez peu visible dans le monde francophone, la bande dessinée suédoise est aussi à l’honneur au 39e Festival.
Ils sont une douzaine à présenter une exposition thématique, au premier étage du bâtiment Castro. Un seul auteur les hante : August Strindberg, à l’occasion du centenaire de la mort de cet icône suédoise.
On pourrait croire que la Suède se résume à la trilogie Millénium, par Stieg Larsson. Le Festival International de la bande dessinée d’Angoulême met en lumière des dessinateurs suédois, rassemblés autour d’un auteur phare de leur pays.
August Strinberg est écrivain, artiste, dramaturge. Il naît en 1849, à Stockholm, et accède au succès grâce au roman La Chambre rouge, en 1879. La douzaine d’illustrateurs exposée s’est soit emparée de son œuvre, pour la traduire en bande dessinée, soit l’a remise en cause, l’a malaxée, torturée, pour questionner l’artiste comme la société suédoise d’aujourd’hui.
Le titre de l’exposition illustre la portée de cet auteur dans l’imaginaire suédois. “La vie n’est pas pour les amateurs” est une citation attribuée à Strinberg. La phrase est reprise des milliers de fois, dans des dictionnaires et sous de nombreuses formes commerciales (tee-shirt, pin’s, cahiers...). Son origine est pourtant incertaine. Elle fait partie de ce mythe “Strinberg” qui irrigue la création de nombreux artistes.
D’entrée, le principe scénographique attire l’œil. D’immenses représentations en carton attirent le visiteur, le font entrer dans l’univers de Strindberg, un monde de psychoses, d’élans de génie, comme de la plus grande mesquinerie. August Strindberg ne verra par exemple jamais sa fille. Il entretient une longue correspondance, avec elle, dès ses deux ans, pour la finir, abruptement, par un “Adieu ! Et que je ne sois plus pour toi qu’un souvenir !”. Kolbeinn Karlsson met en scène l’image de la fille dans l’esprit de son père, de façon troublante. De même, les découpages de Matilda Ruta, rendent, à taille humaine, l’impression d’une réalité déformée, modifiée. “Il suffit de découper un motif à un endroit pour qu’il s’écroule à un autre”, raconte-t-elle dans le joli livret de l’exposition.
C’est la grande force de ce livret, que tout un chacun peut emporter pour approfondir sa connaissance des auteurs suédois présentés. La mise en contexte guide le visiteur néophyte. Entouré de dizaines de planches de bande dessinée des auteurs présentés, accrochées aux murs, la personnalité réelle et fantasmée d’un mythe suédois apparait. Et nous semble bien plus proche, une fois l’exposition terminée.
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