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NOS JEUNES TALENTS ONT DU TALENT (ET DE L’HUMOUR, AUSSI)

Démonstration par l’exemple avec cette interview de Sébastien Chrisostome, sélectionné du Concours Jeunes Talents du Festival en 2005, 2006 et 2007, et auteur de Nage Libre, aux éditions Sarbacane.

D'où vient votre désir de faire de la bande dessinée ?
Sébastien Chrisostome : Ça vient comme pour pas mal d'autres auteurs je suppose, de l'enfance. Cela dit, quand j'étais gamin, je ne lisais presque que des romans, pratiquement très peu de bandes dessinées, mais, je ne sais pas pourquoi, c'était la bande dessinée que je voulais faire, ça me paraissait évident.
Quand et dans quelles circonstances avez-vous participé au concours Jeunes Talents du Festival ?
Sébastien Chrisostome : J'étais encore aux Beaux-Arts, et la plupart de mes copains le faisaient. C'est un chouette endroit pour se faire voir, on est bien mis en valeur, du coup je l'ai fait trois fois et j'ai été sélectionné trois fois. C'est pratique, parce qu'en plus de payer l'entrée du Festival, ça nous donnait accès à quelques événements - notamment la cérémonie de remise des prix, à laquelle je n'aurais jamais pu aller autrement.
Planches de Sébastien Chrisostome, sélection du Concours Jeunes Talents 2007

© Sébastien Chrisostome

Planches de Sébastien Chrisostome, sélection du Concours Jeunes Talents 2007

Planches de Sébastien Chrisostome, sélection du Concours Jeunes Talents 2006

© Sébastien Chrisostome

Planches de Sébastien Chrisostome, sélection du Concours Jeunes Talents 2006

Planches de Sébastien Chrisostome, sélection du Concours Jeunes Talents 2005

© Sébastien Chrisostome

Planches de Sébastien Chrisostome, sélection du Concours Jeunes Talents 2005

Votre participation à ce concours vous a-t-elle aidé à faire connaître votre travail ?
Sébastien Chrisostome : Oui, carrément ! C'est pratiquement grâce à cela que j'ai fini par être publié chez Sarbacane. Gwen de Bonneval, qui était rédacteur en chef du magasine Capsule Cosmique, a repéré mon travail alors qu'il était membre du jury. Je n'ai pas pu publier dans Capsule mais Gwen, en devenant directeur de collection chez Sarbacane, m'a permis de publier un livre chez cet éditeur.
Vous venez de faire paraître un album, Nage libre, aux éditions Sarbacane, comment est-il accueilli ?
Sébastien Chrisostome : Plutôt très bien, pour ce que j'en sais. Mais en même temps, je n'en sais pas grand-chose, il est sorti il y a peu de temps...
Vous avez choisi comme principaux personnages de cette aventure un trio de saumons épris de liberté, c'est assez inattendu...
Sébastien Chrisostome : C'est surtout assez accidentel ! C'est parti d'un coup de tête de quelques pages, et je me suis rendu compte que de ce coup de tête je pouvais faire une histoire longue. Je ne suis pas militant ; la société, l'histoire, la politique, ça ne m'intéresse pas des masses... Avec des animaux, je peux me débarrasser d'une partie de ce qui est « contexte social ». Je n'ai aucune affinité particulière avec les saumons, ça m'a laissé le champ libre pour parler de ce qui m'intéresse plus, comme la vie et la mort, la reproduction, le voyage...
Ce "road movie aquatique", comme le présente votre éditeur, est clairement positionné dans le registre de l'humour, c'est un choix de circonstance ou, plus généralement, le fondement de votre travail ?
Sébastien Chrisostome : Je mentirais si je disais que je ne veux pas être drôle. Mais je considère plutôt l'humour comme un outil, ou un filtre pour appréhender le monde, pas comme une finalité. Cela dit, même si je considère que c'est l'outil de lecture du monde le plus puissant qui soit, je considère que cet outil est gâché par la plupart des gens qui l'utilisent, et même moi je voudrais bien aller vers davantage de subtilité.
Quel regard portez-vous sur l'état actuel de la bande dessinée ?
Sébastien Chrisostome : Je n'ai pas trop d'avis là-dessus. Je suis très difficile, et il y peu d'artistes, tous médias confondus, que je peux aimer sans réserve... Je galère un peu pour trouver des artistes que je ne connais pas déjà, que je puisse aimer. Grâce à mon intérêt pour les comics de super héros, en ce moment je lis Umberto Eco, et de Eco je vais sûrement passer à quelque chose d'autre, mais la chaîne d'affiliation ne dure jamais longtemps.

Quels sont vos prochains projets ?
Sébastien Chrisostome : C'est un peu flou parce que ces projets sont peu avancés, mais j'essaie d'écrire un scénario sur la vie du dernier couple de dodos, donc encore une histoire animalière. Et, avec un scénariste, j'essaie de me mettre d'accord sur un récit qui parlerait de sumo, son histoire et le sumo actuel. Travailler avec un scénariste, ça serait pour pouvoir me consacrer avec plus de sérénité au dessin, que je n'ai pas négligé dans Nage Libre, mais que je voudrais faire éclater un peu plus.


Propos recueillis par Nicolas Finet

 

 


Date de publication : Lundi 16 juin 2008

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« Nage libre » de Sébastien Chrisostome

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© Sébastien Chrisostome / Sarbacane

« Nage libre » de Sébastien Chrisostome

Mercredi 28 2008
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