Les Dérangés de Violaine Leroy

Le lundi 04 janvier 2016 à 16h32

Interview de l'ancienne Jeune Talent Violaine Leroy à occasion de la sortie de son nouvel album “Les Dérangés” aux éditions La Pastèque

Ce nouveau volet des « Jeunes Talents ont publié » est dédié à Violaine Leroy, diplômée de l'atelier d'illustration des Arts décoratifs de Strasbourg, auteure de BD et illustratrice pour les éditions de la Pastèque, le Rouergue, Milan, Nathan, Actes Sud, Bayard, Gallimard, la revue XXI, Muze,... Avec cette interview nous allons à la découverte de son nouveau projet : une BD de 300 pages où elle se propose de « mettre en scène l'invisible » : Les Dérangés.

 

Vous avez commencé à travailler dans la presse et l’édition jeunesse après vos sélections au concours Jeunes Talents en 2004 et 2007 avec des planches de bande dessinée. Dans votre premier album, La rue des autres à la Pastèque trouve déjà les thèmes du marginal, de l’exclu que vous développez dans Les Dérangés. Est-ce que ces projets sont liés ?
Violaine Leroy : Oui et non. La Rue des Autres est un projet de fin de diplôme avec tout ce qu'il comporte de "naïveté de jeunesse"... mais faire ce premier album m'a beaucoup appris notamment sur ce que je voulais vraiment écrire, à comprendre pourquoi je voulais raconter des histoires et à assumer mon univers graphique et narratif. Sur la thématique, oui, c'est vrai que j'ai une certaine tendresse pour l'étrangeté humaine.

 

Plus de 300 pages, 6 ans de travail pour cet album dense, comment est né ce projet ? D’ou vient cette envie de mettre en scène ces personnes « invisibles » pour notre société ?
Violaine Leroy : Donc, ce projet est né aussi en opposition à ma première BD. L'idée première était de ne rien m'interdire : j'ai envie de faire une introduction de 60 pages sans paroles ? Allons-y ! De mettre un vrai danseur dans de la BD ? Pas de problème ! De révéler des choses sur mon esprit tordu ? C'est permis.

Mettre en scène l'invisible, au-delà des rencontres et d'un vécu personnel qui seraient bien trop ennuyeux à raconter, c'est aussi des défis narratifs et graphiques. Le dessin est pour moi un moyen de montrer ce que l'on n’arrive pas à nommer; de mettre en scène ce qui est trop compliqué à définir par le langage; de donner à voir des sensations physiques si subtiles que l'on voudrait décrire et qui, pourtant, sont impossibles à retranscrire. Voilà à quoi me sert la bd et le dessin en général, je ne sais pas si je le réussis mais j'aimerai tendre vers cela.

 

Vous publiez beaucoup pour la presse, est-ce que cette pratique influence votre travail sur la bande dessinée (ou l’inverse) ?
Violaine Leroy : Je ne fais pas de différence entre l'illustration et la BD. Même si je réserve la BD à mes projets les plus personnels, les deux se nourrissent l'un, l'autre. Le travail de commande m'a beaucoup fait évoluer et m'a aussi permis de savoir ce que je ne voulais pas faire. C'est aussi parfois un endroit où tester des choses sans pression. J'aime bien passer d'un outil à l'autre, d'un thème à l'autre, de travailler les couleurs, c'est toujours une façon d'apprendre encore.

 

Avez-vous des sources d'inspiration en matière de bande dessinée ou d'autres arts ? Avez-vous des conseils pour les jeunes dessinateurs qui aimeraient participer au concours ?
Violaine Leroy : Un des décors importants de mon histoire se situe dans un musée, composé d’œuvres choisies et de clins d’œil à des installations, photos, sculptures, films que j'aime et qui m'inspirent. La création de mon album BD a donc été traversée par ces inspirations, elles sont tellement nombreuses que je ne peux pas toutes les citer.

Cependant les plus évidentes ou les premières qui se sont imposées au moment de l'écriture du scénario : les films de David Lynch et son travail autour du dessin, les photographies de Koudelka, les livres de Yoko Ogawa, les documentaires de Jonathan Caouette...

Pour les conseils, je n'en ai pas. Mes choix et mon travail d'auteur-illustratrice ont été assez chaotiques et laborieux, on peut difficilement savoir quels conseils donner de manière générale, tout dépend beaucoup des personnalités de chacune et chacun.

 

Quels sont vos futurs projets ?
Violaine Leroy : Plusieurs choses se sont développées parallèlement au travail que je menais avec Dérangés, mais rien de précis encore. Pour l'instant je me remets aux projets collectifs et au fanzine, je retrouve le doux plaisir de faire des petites expérimentations simples sur une ou deux pages...

 

Découvrez-en plus autour du travail de Violaine Leroy sur son site

Et retrouvez toutes les interviews des Jeunes Talents sur cette page.