Interview de Florent Chavouet, lauréat Fauve Polar SNCF 2015

Le mercredi 20 mai 2015 à 15h08

Nous avons pu poser quelques questions à Florent Chavouet, le lauréat du Fauve Polar SNCF 2015 pour “Petites Coupures à Shioguni” paru aux éditions Philippe Picquier.

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"Petits coupures à Shioguni" par Florent Chavouet

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Après deux carnets de voyages très personnels sur le Japon, Tokyo Sanpo et Manabé Shima Florent Chavouet reste au Japon, mais s’attaque cette fois-ci au genre polar avec une enquête atypique autour de la figure du yakuza. Petites Coupures à Shioguni joue avec la forme et les points de vue, insérant notes, objets, photos, commentaires au milieu de l’album ; dans une enquête à plusieurs niveaux de lecture. La parole est à Florent Chavouet.

 

La forme (un mélange de carnet et récit) alliée avec le style (très gros plans, renversements de la perspective linéaire) permettent de jouer sur différents niveaux de narrations et de construire l’enquête de façon atypique. Comment avez-vous conçu cette structure narrative ?

Florent Chavouet : L'idée de cumuler plusieurs niveaux de narration est venue progressivement, mais assez tôt. J'avais pour lointaine influence Rashomon de Kurosawa, avant de m'en suis détaché. Le procédé du carnet est une lointaine idée que j'avais en tête, celle d'un carnet de notes, d'enquête que l'on devrait déchiffrer.  Cela me permettait aussi de faire une transition douce, un rappel ou une jonction avec mes précédents ouvrages qui tenaient surtout du carnet de voyage. Et puis dès le départ, j'ai souhaité avoir une galerie de personnages assez marqués, des tronches. Interroger leur point de vue à chacun est donc vite devenu logique. Ensuite il me fallait un liant à tout ça, quelque chose qui huile un peu les engrenages, j'ai simplement mêlé tout ça avec une narration linéaire plus classique.

 

Un autre élément important est l’aspect burlesque des personnages, accentué par l’effet caricatural du dessin que l’on trouvait déjà dans les livres précédents. Est-ce une tendance naturelle ?

Florent Chavouet : Oui je pense. Je manque aussi certainement de subtilité dans leur description. Et puis j'ai fait correspondre mes personnages à l'ambiance que je voulais donner. Absurdes, grotesques, bricolés, perdus et parfois peut-être légèrement inquiétants. Une chose sûre c'est que je ne voulais pas de héros principal, bien qu'il y ait quand même quelques figures qui se détachent des autres.

 

Après deux albums de reportages autour de la vie quotidienne japonaise, vous abordez pour la première fois la fiction (et le genre polar) pour remporter tout de suite le Fauve Polar SNCF. Qu'est-ce que ce Prix signifie pour vous ?

Florent Chavouet : Eh bien une grande joie bien sûr, un grand étonnement aussi ( je crois que ma prestation sur scène a bien prouvé que je n'étais au courant de rien ). J'ai fait ce livre tout seul, sans trop savoir si je faisais fausse route ou non.  Le problème c'est que maintenant je me dis que je n'en gagnerai pas d'autres. Non, je me trompe, on peut cumuler les fauves ?

 

Le Japon reste l’un des sujets principaux de l’album : les paysages, la nourriture, les izakayas, les kobans, les fausses affiches : ce pays reste au cœur de vos préoccupations ? Quelle est la suite de vos projets ?

Florent Chavouet : Retour en France! Je travaille sur un livre qui, pour le coup, change de décor puisque ça passe en France, mais renoue avec le procédé de mes premiers livres. C'est-à-dire une sorte de carnet de voyage bric-à-brac avec des mises en pages un peu bordéliques et une narration flottante.

Vous pouvez en lire un extrait ici pour vous donner encore plus envie. Et vous pouvez également lire la note de blog décapante de Florent Chavouet à propos de la remise des prix sur la scène du théâtre d’Angoulême.

Et retrouvez tout le palmarès dans la rubrique Palmarès officiel.

 

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