Interview d’Olivier Peru, scénariste de la série « Elfes »

Le mercredi 16 avril 2014 à 15h31

« Un prix à Angoulême, c’est un peu une consécration pour nous ! » le Prix des Lycées professionnels d’Angoulême a été décerné à Olivier Peru et Stéphane Bileau pour le 3e tome de la série fantasy « Les Elfes ».

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Olivier Peru (à gauche) et Stéphane Bileau, lors de la Cérémonie de remise des Prix Découvertes © 9eArt+, photo Jorge Fidel Alvarez

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Nous avons interviewé Olivier Peru, qui signe le scénario de cette série, également dessinateur et romancier. Quelques questions sur la suite de la série, les spécificités de la bande dessinée jeunesse et ses futurs projets.

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Y’a-t-il un moment de ta carrière sur lequel tu aimerais tirer un trait ?
Olivier Peru : Mes albums de jeunesse. Mais, comme pour beaucoup d’auteurs, ils sont moins aboutis, on est moins au point niveau technique. C’est tout, j’ai eu de la chance : j’ai démarré jeune, chaque album en a entrainé un suivant. Je ne renie aucun moment, mais si je pouvais je referais bien mes premiers bouquins.

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Ce n’est pas à l’ordre du jour ?
O.Peru : Non, parce que je suis quelqu’un qui avance tout le temps, j’aime bien travailler sur de nouvelles séries, de nouveaux projets qui n’ont rien à voir avec ce que j’ai fait avant, que ce soit en BD, en littérature, pour la télé ou autre chose. Je préfère toujours regarder devant moi plutôt qu’en arrière. Pour le moment, j’aime bien écrire des BD de fantasy, des albums plus modernes sur des zombies, mais j’aimerais bien un jour écrire des bandes dessinées d’auteur, écrire des choses plus intimistes.
 

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"Elfes" Tome 3 © Peru / Bileau, Ed. Soleil

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Quand on s’adresse à un public jeune, avec Les Elfes en l’occurrence, quelle est la ligne rouge à ne pas franchir ?
O.Peru : La grossièreté. Dans les récits fantastiques, je crois que la grossièreté n’a pas sa place, sauf si elle est justifiée par les personnages. Avec Les Elfes nous avons un récit assez enlevé au niveau du texte et des dialogues, et les « gros mots » doivent être justifiés dans la bouche du personnage : ça peut être très bien dit et passer dans un récit qui est un peu plus ampoulé. De même que l’on ne peut pas montrer des scènes de sexe lorsqu‘on s’adresse à des jeunes, ou alors il faut le faire de manière intelligente, sans voyeurisme. Les jeunes peuvent tout lire, du moment que c’est bien écrit et bien dessiné : on peut parler de la mort, on peut évoquer des sujets terribles et être lus par tout le monde…

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Il s’agit du troisième volume de la série. Est-ce qu’il y en a d’autres en préparation ?
O.Peru : Oui, au départ cette série était prévue en 5 tomes, avec 5 tandems différents (un dessinateur et un scénariste par volume) partageant un univers commun, celui des Elfes. Nous avons eu de la chance, la série marche très fort, et Soleil, notre éditeur, nous a proposé de partir sur un second cycle, avec les mêmes équipes.

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Que représente ce prix pour vous ?
O.Peru : Un prix à Angoulême, c’est un peu une consécration pour nous ! Et cette série nous tient vraiment à cœur. Quand le dessinateur Stéphane Bileau a commencé sa carrière à Angoulême, il a signé son premier contrat ici il y a dix ans, et pour lui c’était vraiment très fort de revenir à Angoulême pour y chercher un prix. Pour moi, c’est son prix ! Il a fait un boulot exceptionnel, il s’est défoncé à tous les niveaux, et après ces dix ans de travail, c’est une récompense symbolique. Et ça, c’est super cool !

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