Interview de Gabrielle Roque, 1ère Lauréate Jeunes Talents 2014.

Le mercredi 19 février 2014 à 16h13

Récompensée du premier prix, Gabrielle Roque est un jeune talent dynamique qu’il faudra surveiller dans le futur. Son œuvre, Léa, a su séduire le jury du Concours par sa qualité et par l’originalité du parti pris dans le style narratif qui magnifie l’histoire racontée.

Gabrielle Roque, 1ère lauréate Jeunes Talents 2014.

Dans quelle case ne voudriez-vous pas être enfermée ?
Gabrielle Roque : Aucune ! Le problème c’est que je suis très éclectique et il n’y a aucune case dans laquelle je peux rentrer et m’y cantonner. Et je ne veux pas non plus que l’on me dise, que je dois aller dans une case et y rester. Pour l’instant je ne me suis pas enfermée dans un style au point d’avoir l’impression de tout le temps faire la même chose. Moi ce que j’aime en fait c’est que la technique soit la base de l’idée, c’est-à-dire qu’elle vienne la supporter. Ce n’est pas le cas de tous les auteurs, souvent l’idée et la technique peuvent différer. Personnellement, je n’y pense pas forcément en travaillant, mais généralement ça se fait naturellement dans mon cas. Par exemple j’aime bien quand le style change en cours de récit pour signifier une autre émotion, un autre univers, etc. C’est ce que l’on retrouve dans le film Le Chat du rabbin, de Joann Sfar, que j’aime beaucoup. 

Dans votre bande dessinée, Léa, on retrouve un récit sans bulles, pour ne pas dire texte, est-ce un style que vous avez envie d’approfondir, d’exploiter ?
Gabrielle Roque : J’avoue que le côté sans texte me plait beaucoup, j’aime bien exprimer les choses juste avec l’image. Je ne suis pas une grande fan de la BD avec texte. Pour le coup, s’il y a une case à laquelle je ne veux pas être assimilée, c’est bien la BD traditionnelle case par case, avec de jolies bulles bien propres et des petites virgules. 

"Léa", l'oeuvre de Gabrielle Roque, exposée au Pavillon Jeunes Talents durant le Festival et disponible dans la Galerie Virtuelle BDJeunecreation des Jeunes Talents

Selon vous, faut-il être « carré » pour réussir dans la bande dessinée ?
Gabrielle Roque : Oui, il y a deux ans je n’aurais pas dit ça, mais en fait je suis devenue carrée et je trouve que c’est hyper agréable. Et à ma grande surprise, ça me plait beaucoup d’être hyper organisée. Je comprends mieux le plaisir et la satisfaction que l’on éprouve après tout le chemin parcouru pour un travail.

Au fil des années j’ai commencé à être de plus en plus organisée, car j’étais frustrée de travailler sans éprouver de la satisfaction, jusqu’au moment où j’ai commencé à le faire de manière plus agressive et ça a tout changé. Je pense aussi qu’il faut prendre en considération aussi que je fais partie de la catégorie de gens qui ont besoin de se poser et de prendre leur temps pour travailler. 

Quel est votre programme pour le Festival d’Angoulême l’année prochaine ?
Gabrielle Roque : Je vais passer beaucoup de temps au Pavillon Jeunes Talents déjà : j’aurai carte blanche pour faire la scénographie et habiller les lieux. Et je trouve que c’est une belle initiative de la part du Festival, qui prend quand même un risque à confier ce travail à de jeunes auteurs. J’aurai aussi l’affiche à faire, et en un an j’aurai le temps de me préparer.

Une dernière question, qu’est-ce qui vous fait voir la vie en rose ?
Gabrielle Roque : Le bleu, ça me rend joyeuse et enthousiaste ! 


Retrouvez l’ensemble des planches sélectionnées au concours Jeunes Talents -en version numérique- dans la Galerie virtuelle