Actu du Fauve-La bande dessinée numérique tisse sa toile à Angoulême

Le dimanche 02 février 2014 à 17h23

Avec l'annonce d'un Challenge Digital dont les lauréats seront exposés lors de la prochaine édition, le festival poursuit sa voie dans la promotion de la bande dessinée numérique.

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Place aux pixels ! La 42e édition du festival international de la bande dessinée accueillera pour la première fois une exposition d'œuvres numériques dans le cadre du Challenge Digital lancé samedi 1er février par le site web espritbd.fr. La plateforme créé par la Caisse d'Epargne, partenaire du festival, est ouverte aux créations jusqu'au 30 novembre 2014. Les dix premiers titres distingués seront présentés, sur tablettes numériques, au Pavillon Jeunes Talents du festival. Les trois premiers lauréats, invités du festival, recevront des dotations de 2000 et 500 euros.

Le festival confirme ainsi son intérêt pour la création numérique, un an après le lancement, lors de la 40e édition, de la revue en ligne Professeur Cyclope. Gwen de Bonneval et ses acolytes sont d'ailleurs venus à Angoulême fêter le succès de la revue : « ce n'était pourtant pas évident, on se lançait dans l’inconnu sur beaucoup de plans, explique l'auteur. Il a par exemple fallu inventer des nouveaux contrats, portant sur des œuvres dont le but premier est d’être diffusées en numérique, ce qui ne s’était pas encore fait. Quand on est les premiers, on ne peut pas faire n’importe quoi. Sinon un pli peut être pris dans une mauvaise direction. On a fait attention à bien payer les auteurs, à créer un modèle économique qui tienne la route. Il n'y a rien d'acquis, mais c'est aussi ça qui est passionnant. On avait tout à démontrer. » Une cinquantaine d'auteurs a collaboré à Professeur Cyclope en un an, expérimentant toutes les formes possibles de narration numérique : lecture case par case, défilement vertical ou horizontal, gifs animés... « Dans la bande dessinée numérique, les choix artistiques et les possibilités technologiques sont liés. Ce qui est important c'est d'abord de trouver des récits qui nous plaisent, mais il faut que leur narration soit pensée pour l'écran en premier lieu. »

Parmi ces nouvelles formes de narration, le turbomedia est assurément la plus prometteuse. « C'est une bande dessinée numérique qui ne marche pas sur papier, explique Malec, le bloggeur venu animer deux ateliers quotidiens sur le sujet au Pavillon Jeunes Talents. Ça mélange la bande dessinée, le dessin animé et le jeu vidéo. » Malec a lancé une appli test pour le festival, pour promouvoir ce mode de lecture proche du diaporama et parfaitement adapté aux tablettes numériques. Créé en France par le storyboarder Balak, c'est au Etats-Unis que le turbomedia marche le mieux. « Marvel a déjà sorti une quarantaine de titres, explique le français Mast, recruté avec ses compatriotes Balak et Geoffo par l'éditeur américain pour travailler sur sa collection d"'Infinite Comics". Et notre dernière série de 13 épisodes, Amazing Spiderman, sort en avril. » Le format se prête particulièrement bien aux séries dérivées et autres prequels. « Marvel y va à fond, et investit vraiment, explique Geoffo. C'est une très bonne manière d'introduire le turbomedia, et je pense que bientôt l'on aura aussi des séries en turbomedia en France. »

En attendant de voir se développer des Infinite Comics à la française, Gwen de Bonneval espère voir se développer d'autres magazines numériques pour donner une visibilité à la richesse de la création numérique, à l'image de MauvaisEsprit et de la Revue dessinée. « On ne marche pas sur les mêmes plates-bandes, assure l'auteur. Nous ne pouvons pas accueillir tous les récit numériques du monde et il reste encore tellement à faire. C'est comme mettre ses empreintes dans la neige. »