Exposition Corée : Fleurs qui ne se fanent pas

À l’initiative du gouvernement de Corée du sud, une exposition collective d’auteurs de ce pays revient sur la mémoire douloureuse qu’ont gardée les Coréens des « femmes de réconfort », témoins et victimes de l’Histoire tragique du XXe siècle.

La 41e édition du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême accueille « Fleurs qui ne se fanent pas », une exposition collective consacrée au douloureux sujet des « femmes de réconfort » et initiée conjointement par le gouvernement coréen, une association privée (l’Association coréenne pour le manhwa) et une institution publique (le Komacon, Korea Manhwa Contents Agency). Par le biais de la bande dessinée, les initiateurs de cette exposition souhaitent communiquer à un public international le point de vue de la Corée sur ce sujet, en le sensibilisant aux dommages irréparables subis par ces femmes.

Le commissaire de l’exposition, Shin Myeonghwan, en a conçu l’espace en trois sections distinctes : Passé, Présent et Futur. « Passé » s’attache à retracer le contexte historique de l’Asie lors de la Seconde Guerre mondiale et l’ensemble des faits ayant mené à la mise en place, par l’armée impériale japonaise, du système d’esclavage sexuel des femmes dites « de réconfort ». La section « Présent » révèle en quoi consistait ce système et la vie de ses victimes, portant le regard du visiteur sur ce qui s’est réellement passé. Enfin, « Futur » évoque l’espoir d’aborder l’avenir avec une plus grande transparence, par la reconnaissance des faits historiques.

L’oeuvre principale mise en lumière par l’exposition est le fruit de la collaboration entre le scénariste Jeong Ki-young et le dessinateur Kim Gwang-sung. Intitulée Chanson de l’espoir du papillon, elle se compose de 100 planches réalisées à l’encre de Chine sur un papier coréen traditionnel, et raconte le drame de jeunes filles enlevées et employées de force par l’armée japonaise de l’époque comme « femmes de réconfort ». L’exposition sera aussi l’occasion pour une vingtaine d’auteurs coréens (notamment Tak Young-ho, Lee Hyun-se, Baek Sung-min, Park Jae-dong, Cho Kwan-je, Oh Sé-young, Ahn Soo-cheol, Kang Hyo-suk, Kang Do-ha, Park Kun-woong, Keum Suk Gendry-Kim) de porter leur regard sur le destin tragique de ces femmes. Leurs contributions, sous la forme d’histoires courtes, seront rassemblées et publiées dans un recueil. Le dispositif d’exposition se complète de deux créations en volume : l’« Automata » de Ahn Soo-cheol et une installation de l’artiste Lee Je-seok. Enfin, un film d’animation inédit, Une histoire pas encore finie, sera également projeté en avantpremière durant le Festival, ainsi que le court métrage Herstory de Kim Jun-ki, grand succès en Corée.

Exposition Fleurs qui ne se fanent pas
Caves du théâtre d’Angoulême • du jeudi 30 janvier au dimanche 2 février 2014, 10 h/19 h
Production : Gouvernement coréen, Komacon, Association coréenne pour le manhwa • Commissariat et scénographie : Shin Myeong-hwan.