Les Jeunes Talents ont publié – Marion Fayolle, une exposition au cœur du Pavillon JT®

Le vendredi 15 novembre 2013 à 16h14

Habituée du Pavillon Jeunes Talents, lauréate sélectionnée du concours Jeunes Talents par trois fois, en 2008, 2010 et 2011 Marion Fayolle franchit cette fois le seuil du Pavillon en tant qu’invitée d’honneur, avec une exposition qui lui est consacrée.

© Marion Fayolle / Magnani

Diplômée des arts décoratifs de Strasbourg, où elle fonde en 2009 la revue Nyctalope avec Matthias Malingrey et Simon Roussin, dès la sortie de son premier album, L'homme en pièces (éditions Michel Lagarde) en 2011, elle n’arrête plus de « faire des livres ». Après Le tableau (éditions Magnani) et Nappe comme Neige (éditions Notari), en octobre 2013 elle publie cette année La tendresse des pierres (éditions Magnani), dont elle a choisi de présenter une soixantaine de planches originales pour cette exposition. Une belle occasion de continuer à croiser le chemin artistique de Marion Fayolle, et d’exposer le fruit des dernières années de son travail.

Laissons la parole à Marion Fayolle qui vous en dit plus sur cette exposition et son parcours de Jeune Talent :

Tu as été sélectionnée trois fois au Concours Jeunes Talents, quelle a été l’influence de ces expériences dans ta carrière ?

Marion Fayolle : C'est difficile de mesurer les conséquences réelles de ces trois sélections au Concours Jeunes talents. Il est, néanmoins, évident que cela m'a beaucoup rassurée et m'a confortée dans mon immense envie de raconter des histoires par l'image.

C'est aussi ces sélections qui m'ont permis de rencontrer Michel Lagarde qui est aujourd'hui mon agent et de trouver de nouveaux lecteurs pour les histoires que je mettais régulièrement sur mon blog. 

Tu as sorti en octobre dernier ton quatrième album, intitulé La tendresse des pierres, aux éditions Magnani, peux-tu nous présenter cet ouvrage en quelques mots ?

Marion Fayolle : C'est un livre très important pour moi. Le plus important jusqu'à présent. J'ai travaillé dessus pendant plus de deux ans et en décidant de me confronter à ce projet, je me suis lancé un vrai grand défi. Celui de raconter la maladie de mon père, ses transformations et les bouleversements dans la hiérarchie familiale. Il m'a fallu beaucoup de temps pour trouver le ton juste et pour me sentir à l'aise avec ce sujet. Je souhaitais le récit tendre et pudique.

Au-delà de l'histoire et du thème, c'est un livre dans lequel je joue avec le texte, les images. J'y propose des mises en scène, des systèmes de lecture et je déplace mes personnages comme des acteurs ou des danseurs. 

Lors de la 41e édition du Festival une exposition te sera consacrée en tant qu’invitée d’honneur du Pavillon Jeunes Talents®, que peux-tu nous dire sur cette exposition, qu’as-tu choisi d’y exposer ?

Marion Fayolle : Pour cette exposition, j'ai choisi de montrer une soixantaine de planches originales du livre. Comme je travaille entièrement à la main, chaque page existe en vrai et c'était important pour moi de présenter mon travail de dessin. 

Je trouvais aussi intéressant de ne pas montrer des planches au mur, simplement encadrées mais de proposer un prolongement de mon travail au travers de la scénographie. Pour cela, j'ai fait appel à des amis (studio Monsieur) dont l'univers me plaît beaucoup et ils proposeront une mise en espace étonnante avec des cailloux de couleurs.

Puis, il y aura également une vidéo réalisée par Augustin Aubé pour mieux comprendre ma démarche et rendre curieux ceux qui n'ont pas encore lu le livre.

© Marion Fayolle / Magnani

Tu travailles également pour plusieurs journaux et magazines, comment s’opère l’articulation entre tes projets personnels et tes projets de commande ?

Marion Fayolle : Oui, en effet, je fais aussi pas mal de commandes en parallèle de mon travail personnel. Je dois avouer que ce n'est pas très facile de jongler entre tout ça. Certaines commandes sont très intéressantes et peuvent être épanouissantes. C'est plus un problème de temps. Quand on est sur un gros projet d'écriture, il faut être complètement plongé dedans, il ne faut penser qu'à ça, tout le temps. La commande, par ses contraintes, oblige à sortir du projet et à réagir vite sur un autre sujet. Ensuite, il faut quelques jours pour à nouveau s'immerger dans le travail personnel. Le plus dangereux ce serait de ne faire plus que de la commande, de ne plus réussir à gérer tout ces va-et- vient. Mais je n'oublie jamais que ma priorité est de faire des livres.

Quels sont tes futurs projets ?

Marion Fayolle : Pour l'instant, après ce long travail, je ne me sens pas capable de recommencer un projet de récit tout de suite. J'ai quelques idées, quelques envies. Mais ce ne sont que des boutures et je ne suis pas pressée de les voir fleurir. Je vais prendre le temps.

Et en attendant, je fais une série de dessins qui s'appelle "les coquins".  Les premiers seront visibles en janvier dans la revue Nyctalope et ça devrait aboutir à un petit recueil. Il s'agit de dessins érotiques et surréalistes. 

Quels conseils donnerais-tu aux jeunes auteurs qui aimeraient participer au Concours Jeunes Talents ?

Marion Fayolle : On m'a déjà posé plusieurs fois cette question et je ne sais pas trop quels conseils je suis à même de pouvoir donner. Je dirai, tout de même, qu'il est important de proposer des planches dont on est fier et qui nous ressemblent. Le reste, ce n’est pas important.

Rendez-vous au Pavillon dès le jeudi 30 janvier, et jusqu’au 2 février, pour découvrir cette exposition.