Alix L’Art de Jacques Martin

Le Festival met à l’honneur Jacques Martin (1921-2010) et son héros Alix, qui fêtera ses 70 ans en 2018. Retour en images sur l’esthétique et les sources d’un auteur emblématique de l’âge d’or franco-belge.

Héros légendaire qui a fait les beaux jours du journal Tintin pendant près de 40 ans, Alix reste un symbole de la bande dessinée franco-belge. Son créateur, Jacques Martin, a participé activement à la vie des Studios Hergé et à la réalisation de nombreux albums de Tintin, tout en creusant un sillon singulier avec Alix, véritable saga historique ancrée dans l’Antiquité romaine.

L’exposition qui lui rend hommage constitue la première grande rétrospective consacrée à l’art de Jacques Martin, et plus précisément aux années 1948-1988, pendant lesquelles l’auteur dessine et écrit seul la série. En huit étapes, à travers plus de 150 planches originales et documents rares, le visiteur découvrira les débuts du dessinateur et son entrée aux Studios Hergé, avant d’aborder la dimension esthétique de son œuvre, et notamment le perspectivisme, qui lui a permis de renouveler la narration graphique en bande dessinée.

La figure d’Alix occupera bien sûr une place centrale dans l’exposition. Ce héros paradoxal, souvent frustré dans ses aspirations à défendre la justice, doit négocier avec un monde antique à la fois violent et raffiné, qui reflète aussi les tensions politiques et culturelles contemporaines de l’auteur (guerre froide, décolonisation, révoltes de la jeunesse…).

En décryptant le regard nouveau qu’il porte sur l’Antiquité et son rapport à l’Histoire, l’exposition montrera également comment Jacques Martin a su réinventer la période et les civilisations qu’il décrit (romaine, grecque et gauloise, en particulier), entre rigueur historique et fantasme artistique. Loin de l’image parfois trop lisse qu’on a pu lui assigner, la série verra ses aspérités mises en lumière – par exemple sa mise en scène du corps, entre fascination plastique et sexualisation progressive, ou encore l’inquiétante
étrangeté, mêlée de fantastique et de « science-fiction à rebours », dans laquelle baignent certains titres de la série.

Enfin, un espace sera dédié aux débuts de Guy Lefranc, le « cousin » contemporain d’Alix, dont Jacques Martin a dessiné les trois premières aventures en même temps que celles du jeune Gallo-Romain. La scénographie de l’exposition proposera à tous les
publics une visite ludique, à la découverte d’un monde à la fois proche et lointain, fascinant et déconcertant, où les héros échouent souvent, où les méchants ont aussi leurs raisons, et où toutes les civilisations brillent d’un éclat qui leur est propre.

Musée de la Bande Dessinée d’Angoulême du 25 au 13 mai 2018
Co-production : 9e Art+ / FIBD et la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image
Scénographie : MADesigners
Commissariat : Gaëtan Akyüz et Romain Brethes