De la chevalerie de Juliette Mancini

Le lundi 13 juin 2016 à 15h28

Du Concours Jeunes Talents à sa première publication : interview de Juliette Mancini à l’occasion de la sortie “De la chevalerie”.

De la chevalerie est un album de Juliette Mancini édité par Atrabile dont certains personnages et situations peuplaient déjà les planches de son œuvre lauréate au Concours Jeunes Talents en 2014. L'auteure nous raconte la genèse de ce livre et nous en dit plus sur le projet éditorial mené avec sa collègue Elsa Abderhamani, la revue Bien, monsieur.

Cet album reprend le thème développé dans l'œuvre récompensée par le 2e prix du concours Jeunes Talents en 2014, est-ce un développement logique de cette histoire ou une proposition de l’éditeur ?
Juliette Mancini : J'ai poursuivi les trois planches que j'avais présentées au concours Jeunes Talents parce que j'avais pris plaisir à les dessiner et que je sentais que je pouvais explorer encore beaucoup de choses avec ce type de narration. En cours d'écriture, à un moment où j'avais des doutes sur l'orientation que je devais prendre et où j'avais envie de retours de professionnels, j'ai envoyé des extraits de mon récit à différents éditeurs. Plusieurs ont eu la gentillesse de me répondre et de me donner leur avis. Mais c'est seulement une fois ma BD achevée que j'ai eu des propositions d'éditeurs.

D’ailleurs ces planches ne se suivent pas dans l'album mais ont été incorporées à un découpage un peu particulier. Comment avez-vous abordé la forme de ce livre ? Était-ce indissociable de l’humour et de l’étrangeté de cet univers de la chevalerie ?
J.Mancini : À vrai dire, ce projet a démarré bien avant le concours Jeunes Talents puisque j'avais commencé à faire des dessins de chevaliers, châteaux et parties de chasse en 2011. Je ne trouvais pas de forme adaptée pour transformer ces croquis en récit et j'avais laissé ce projet de côté. Puis le concours Jeunes Talents m'a motivée à travailler sur une histoire courte à partir de mes dessins. J'ai trouvé cette forme de strips permettant de raconter des microfictions et de jouer sur la répétition. Ça m'a permis de construire de façon très méthodique cette société médiévale un peu étrange, en commençant par l'organisation politique, les usages et coutumes et les relations entre les différents personnages. À partir de cette base, j'ai pu assez facilement faire dialoguer les personnages et développer les thèmes abordés dans les strips – la guerre, le discours, la place des femmes, le travail, etc. – cette fois dans une forme plus libre. J'avais envie d'un contraste fort entre les deux types de narration, d'un côté le systématisme des strips, de l'autre la souplesse de la parole. J'ai ensuite revu l'ordre des pages pour donner un rythme de lecture particulier. Le lecteur se retrouve donc face à une sorte de double-récit: l'un racontant des histoires individuelles (celles du roi, de la reine, du bouffon, du curé, du travailleur, etc.), l'autre présentant cette société (tragi-comique) dans son ensemble.

© Juliette Mancini/Atrabile

Cet album est votre première publication mais vous avez co-créé avec Elsa Abderhamani la revue Bien, monsieur. Est-ce deux manières différentes de travailler ? Est-ce que cela vous a plongé dans l’univers de l’édition avec une vision transversale du métier ?
J.Mancini : Avec Bien, monsieur. le travail d'écriture est quasiment secondaire parce que nous avons beaucoup de choses à gérer pour que la revue puisse perdurer. Il nous a fallu trouver des financements, monter une association, trouver un imprimeur, rencontrer des libraires, motiver des auteurs, assurer notre ligne éditoriale, organiser des soirées de lancement et j'en passe. Mais petit à petit les choses s'organisent et c'est passionnant !

Vous étiez lauréate du concours Jeunes Talents 2014 et moins de deux ans après sur ces deux gros projets. Quel souvenir gardez-vous de cette expérience et avez-vous de conseils pour ceux qui voudraient se lancer ?
J.Mancini : Ça a été une expérience enrichissante d'être invitée au Festival et de rencontrer les autres lauréats. Gagner un prix, c'est évidemment très excitant et encourageant, mais la descente peut être assez violente : entre écrire 3 pages et écrire un livre, il y a quand même une énorme différence.

Quels sont vos projets pour la suite ?
J.Mancini : Avec Elsa, on a beaucoup d'idées pour développer Bien, monsieur. tant d'un point de vue économique qu'artistique, donc on va poursuivre cette folle aventure et voir où ça nous mène. Et puis je vais essayer de comprendre comment un auteur de bande-dessinée peut gagner sa vie.

 

Lisez "De la chevalerie", 2e Prix au Concours Jeunes Talents 2014, 
Et "Pan", lauréate au Concours Challenge Digital 2016, sur Bdjeunecreation

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