Royaumes par Hugo Ruyant

Le mercredi 29 avril 2015 à 16h36

Interview d'Hugo Ruyant, ancien Jeune Talent, pour sa deuxième co-publication avec Santiago Garcia Velez et Maxime Sabourin.

Illustration inédite ©Hugo Ruyant

La plus récente publication d'Hugo Ruyant, Garcia Velez et Sabourin s'intitule Royaumes, un recueil des trois histoires composées chacune par un auteur, édité en 120 exemplaires par le collectif L'amour Editions. Depuis 2012, il travaille sur des histoires courtes de bandes dessinées et des illustrations, en développant un style graphique où les textures se mélangent aux formes géométriques. Entretien pour en savoir plus sur l'univers de ce jeune auteur.

 

Quelle est l’idée à la base de Royaumes et de cette technique particulière (modélisé sur le logiciel tridimensionnel Google Sketchup) ?
Hugo Ruyant : Un messager en mission traverse trois ROYAUMES pour délivrer de mystérieuses enveloppes. Il survole l'horizon, explore les vestiges de villes fantômes, et parcourt des architectures impossibles.

Comme précédemment pour En Avant l'Aventure ! nous avons cherché un cadre pour développer nos trois dessins dans un projet commun.
Il fallait trouver une contrainte d'image suffisamment importante pour conditionner nos trois écritures et proposer des approches différentes de cette règle pendant les trois épisodes de l'histoire. Nous partions donc du personnage messager pour raconter une épopée en trois étapes.
Décrire différents Royaumes nous a semblé être cohérent et didactique pour exprimer le parcours de notre personnage.
Plus tard, l'idée d'utiliser le logiciel Sketchup nous permettait de caractériser les trois cités, et d'affirmer leurs architectures dans la bande dessinée.
Grâce à ces mises en scènes, nous voulions expérimenter des séquences plus précises dans les changements de points de vues du décor et de l'action. Appréhender la déambulation de notre personnage dans un rapport sensible à l'Architecture !

 

Votre style graphique colle parfaitement avec celui de Santiago Garcia Velez et Maxime Sabourin, avec lesquels vous avez déjà publié deux recueils d’histoires. Pouvez-vous nous en dire plus sur votre méthode de création et de travail collectif ?
Hugo Ruyant : Maxime, Santiago et moi étions pendant deux ans dans la même classe en DMA Illustration à l'école Estienne. On a la chance de se connaitre très très bien sur le travail !
Comme nous partageons une certaine vision de l'illustration et de la bande dessinée, je crois que nous sommes capable de conseiller l'autre, et de progresser avec lui en comprenant le but qu'il cherche à atteindre. L'espace, la narration, l'attrait pour le numérique et l'édition sont des outils communs que nous essayons d'utiliser de façon personnelle.
Tout au long de l'année chacun suit avec une attention particulière le travail de l'autre. On discute longuement de nos projets collectifs. Parfois, les échanges sont efficaces, et le débat nous permet de sélectionner rapidement les meilleures idées !
Pour le moment, on a toujours démarré en réfléchissant à des espaces communicants entre nos différents univers. On a besoin d'une ébauche d'histoire, de la description de certains événements clés qui caractériseront le projet.
À partir de cette base, on souhaite se laisser la liberté de disgresser et expérimenter de manière indépendante, dans les espaces du projet que nous nous sommes distribués.

 

Vous êtes membre du collectif L’amour éditions (avec Maeva Szpirglas, Léa Himmelfarb, Zéphir, Adèle Verlinden, Lola Quéré, Clémentine L’Heryenat, Ariane Hugues, Santiago Garcia Velez, Pauline Hébert, Maxime Sabourin et Margaux Dinam). Qu'est-ce que vous a uni et quelles sont vos envies ? À l’heure de la bande dessinée numérique, pourquoi avoir choisi le format fanzine papier ?
Hugo Ruyant : Encore une fois, ce projet depuis l'école Estienne ! Nous étions tous dans la même classe et on a eu envie de travailler ensemble dans un projet qu'on définissaient en dehors de nos sujets de cours. L'Amour est notre rendez-vous pour continuer à dessiner ensemble dans le cadre d'éditions que l'on souhaitent originales.
Je ne sais pas exactement ce vers quoi l'on tend, c'est pour rester en mouvement peut être, on veut se surprendre en faisant exister nos travaux dans des contextes variés ! C'est l'opportunité de s'essayer aux métiers du livre, d'en comprendre les enjeux.  L'édition demande des exigences particulières ; ses contraintes matérielles produisent des objets sensibles pour le lecteur. L'Amour éditions ambitionne aussi de développer des projets numériques !

 

Vous avez été sélectionné deux fois au Concours Jeunes Talents mais également au Concours de la BD scolaire. Que vous ont apporté ces qualifications ?
Hugo Ruyant : C'est-vraiment-encourageant ! Grâce à ces concours mon travail a été vu par un public plus étendu, j'ai pu rencontrer des gens passionnants ! C'est la Caisse d'Épargne qui a commandée mes premières illustrations professionnelles, et qui continue de m'accompagner dans ce sens !

 

Quels sont vos projets pour la suite ?
Hugo Ruyant : J'ai très envie de faire une bande dessinée ! Je commence à dessiner les pages du livre. Santiago, Maxime et moi travaillons à l'élaboration d'un jeu-vidéo, où l'histoire existera autant par la musique que l'image !

 

Vous pouvez commander Royaume ici.

Les planches de Hugo Ruyant sont en ligne sur Bdjeunecreation :

Demi-tour

Marguerite