Uderzo, les multiples facettes d'un  dessinateur de génie

Le jeudi 31 janvier 2013 à 09h00

Une grande exposition retrace l’œuvre du célèbre père d'Astérix, dont les autres créations, moins connues, témoignent elles aussi d’un véritable « trait de génie ».

Uderzo © Ed. Albert Rene

«  Albert Uderzo est un des plus grands dessinateurs de notre temps, sinon le plus grand.  » En une phrase, Pierre Pelli, co-commissaire de l'exposition «  Uderzo in extenso  » avec Benoît Mouchart, directeur artistique du Festival, légitime s’il le fallait encore l’exposition consacrée dans le cadre de cette 40e édition à l’œuvre du célèbre père d'Astérix, mais aussi de Tanguy et Laverdure, Oumpah-Pah et tant d’autres... «  Il y a souvent eu des expositions consacrées à Astérix et Obélix, mais jamais en hommage à Uderzo lui-même  », explique-t-il.

 

© Uderzo Ed. Albert Rene

« Uderzo  in extenso  » : le titre de l’expo résonne comme un défi, tant les aventures du petit gaulois ne sont que la partie émergée d'une œuvre beaucoup plus vaste. Albert Uderzo a ainsi été dessinateur de presse pour France Dimanche au début des années 1950, lui permettant ainsi d'illustrer des faits divers aux titres engageants tels  : «  L'homme aux longues oreilles a été repris par son fils  » ou encore l'histoire de «  l'éventrée du bois de Boulogne  ». «  J'illustrais des articles qui s'inspiraient d'informations lapidaires, confie Albert Uderzo dans un des panneaux de l'exposition. Il suffisait qu'une dépêche annonce qu'un Soviétique s'était fait attaque par un ours pour que le journaliste écrive un véritable roman. J'accompagnais ce sensationnalisme de dessins spectaculaires qui sortent souvent de mon imagination.  » « Etre dessinateur de presse lui a permis de travailler le dessin réaliste  », qu'on a ensuite pu retrouver dans des séries telles que Tanguy et Laverdure, assure Pierre Pelli.

Aborder Uderzo «  in extenso  » étant une tâche encyclopédique prise chronologiquement, Pierre Pelli et Benoît Mouchart ont entrepris de dégager des thématiques communes à toutes les œuvres du dessinateur. On y retrouve ainsi les dessins d'animaux ou de bagarres, mais aussi et surtout un travail soigné du caractère des personnages, du mouvement et de la mise en scène, une véritable « intelligence du cadrage et du choix des éléments  », selon Benoît Mouchart. «  Il est évident que j'ai vu beaucoup de films qui m'ont permis d'être sensible au sens du cadre et aux changements de plan  », concède Albert Uderzo, cité dans la partie « Mise en scène  » de l'exposition. 

Ce travail transversal permet ainsi d'aborder toutes les créations du dessinateur français, depuis le personnage de Stupido, créé en 1940 à l'âge de... 13 ans, jusqu'à Astérix (qui vit le jour dans le premier numéro du magazine Pilote, en 1959), en passant par Belloy, le chevalier sans armure (1950). De multiples traces d'un « dessinateur de génie  », comme Pierre Pelli qualifie celui qui fut couronné en 1999 du prix du Millénaire du Festival international de la bande dessinée d'Angoulême.